Red is Dead.

20 Mai

Ou Manifeste pour le droit à la libre expression publique de nos troubles menstruels

C’est un jour vaguement gris, comme ceux que nous avons habituellement ces derniers temps. Mais les fenêtres, larges, laissent filtrer une grande quantité de lumière dans la pièce. Les conditions de travail en sont étrangement améliorées. Tant mieux, je suis coincée dans cette pièce pour au moins deux heures.

Tout le monde est là, on peut commencer. Et on commence.

Quand soudain. Une sensation. Quelque gouttes. Je marche pour en conjurer le ressenti.

Nous sommes le vendredi 17 mai 2013 et ce mois-ci, c’est avec quelques jours d’avance, à 13h50, que mon utérus décide que j’aurai mes règles.

Nous sommes le vendredi 17 mai 2013 et ce mois-ci, c’est avec quelques jours d’avance, à 13h50, que je me demande si je veux VRAIMENT avoir des enfants, et si je ne ferais pas mieux de programmer une hystérectomie.

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Que dire sur les règles qui n’ai pas déjà été dit, mesuré, étudié, expliqué ?

Hé bien, tout en fait. Car hors le cabinet du gynécologue et les pages santé une fois l’an d’un mensuel féminin, point de salut pour qui veut sereinement exprimer son désarroi devant ça.

Pourtant, les règles, ce n’est pas qu’un phénomène naturel, scientifique à décortiquer. C’est aussi une expérience, c’est quelque chose qu’on vit et d’elle découle une quantité infinie de sensations, de vécus secondaires qu’on ne peut pas partager, parce que les règles, c’est sale, c’est dégueulasse.

Alors prière de ne laisser personne imaginer ce filet de sang qui coule de façon intermittente, plus ou moins massive, de ton utérus. Tes sensations, tes questions, tes désagréments, ta gueule.

Faut-il être scientifique pour parler des règles ? Faut-il accompagner son discours de mots choisis précisément, calibrés ?

Je suis une femme et je n’ai pas fait d’études de médecine. Pourtant, mes règles, je les ai tous les mois. Je ne sais pas de quoi elles sont précisément constituées, mais je sais qu’avec ce sang tombe également d’autres morceaux de mon utérus destinés à accueillir un éventuel bébé. Lesquels ? Quelle est leur utilité pour Barbie Jr. ? Je n’en sais rien et je m’en fous cordialement. Pourtant, j’ai mes règles tous les mois. Et la force de la répétition de ce phénomène et du changement de mon mode de vie pendant 7 jours me donnent le droit d’en parler.

Parce que oui, déjà. 7 jours. N’importe quel manuel d’information à ce sujet vous indique que la durée moyenne des règles est de 5 jours. Alors je ne sais pas qui est le salopard qui a décidé que non, bon pour moi ce serait 7 (UN QUART DU MOIS, LES GARS. UN QUART. UN QUART DE MA VIE PUBÈRE PASSÉ À AVOIR DU SANG QUI COULE ENTRE LES CUISSES), mais le jour où je le croise, je les lui fais boire, mes règles.

Alors comme vous le savez déjà, dans le cycle, il y a des phases, que nous allons décortiquer ensemble :

–          Première phase : L’avertissement des dieux :

Il s’agit du premier jour. Il y a deux catégories de femmes concernant ce premier jour : celles qui le notent dans leur agenda et partent donc parées devant cette journée et les autres,  dont je fais partie. C’est-à-dire, celles qui savent vaguement que ça approche. C’est plus ou moins la période,  ma peau commence à se dégrader, mes seins gonflent un peu…  Pour nous, les grandes ratées organisationnelles de la féminité, la plus grande préparation consistera à mettre des sous-vêtements foncés. Le premier jour, chez moi, c’est relax. C’est 4 gouttes qui se battent en duel.

–          Deuxième phase : « Et les eaux du Nil se changèrent en sang » :

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Deuxième et troisième jours. La vengeance des dieux. C’est à la fois le pire et le plus rigolo.

Il s’agit de la phase principale du cycle. Pendant ces deux jours, le moindre mouvement provoque le déluge. Assise plusieurs heures, le fait de me lever va automatiquement me diriger vers les toilettes pour changer de protection. C’est la période la moins intermittente du cycle. AUCUN moment ne doit être passé sans protection. Comment sortir de la douche, alors ? Il y a celles qui se douchent avec leur tampon et il y a celles qui ne sont pas fan des tampons, comme moi (nous y reviendrons ultérieurement). Comment faisons-nous pour ne pas en foutre partout ? Et bien, personnellement, c’est le moment où je rentabilise le sopalin. Ultra-absorbant, ultra pratique.

La sensation d’être un gigantesque réservoir, gonflé, ballonné, me fait visualiser dans cette phase mon utérus comme une sorte de marécage tropical, gluant, boueux, sans fond, humide.  C’est extrêmement désagréable, vaguement répugnant, totalement inconfortable. J’avoue qu’à ce moment-là, lui et moi, on n’est pas trop copains. On l’est d’autant moins qu’il se met à être douloureux. La douleur qui te casse en deux et semble vouloir te donner un léger aperçu des joies de l’enfantement. Tout ça pourquoi ? Pour faire passer des caillots d’endomètre, qui, s’ils étaient des rubis, je serais imposable à l’ISF.  Des caillots accompagnés de pas moins de trois litres de sang à chaque fois. Ce qui fait que même en étant la femelle la plus prudente sur terre, il y a toujours au moins un accident par mois. Quand tu as de la chance, seul ton slip est touché. Moins chanceuse, le dégât s’est étendu à ton pantalon. On peut considérer que t’as perdu la guerre quand c’est les draps entiers qu’il faut changer. Pourquoi c’est particulièrement pas de bol ? Parce qu’une tâche de sang, ça passe pas à la machine sinon, ça s’incruste définitivement. Il faut donc d’abord prélaver à l’eau froide et au savon. Et à fond.

Cette période est également celle où nous sommes supposées être d’une humeur massacrante sans raisons. Je t’invite à relire le paragraphe précédent et à venir me redire ça en face.

Mais c’est aussi une période rigolote. Le sang coulant abondamment, il accompagne la moindre miction, teintant de rouge la cuvette des toilettes, ce qui permet, quand on a une attitude ludique face à la vie, de jouer aux Dents de la Mer ou d’essayer de créer du violet avec le produit bleu.

Autre moment où l’on peut laisser couler sans gêne : la douche. Mesdames, c’est le moment où vous pouvez au choix devenir la victime d’un schizophrène qui se prend pour sa mère, où l’incarnation de Yahvé, punissant les Egyptiens du sort cruel qu’ils font subir aux hébreux.

Il ne faut pas oublier qu’avant d’être dégoutant, le sang, c’est rigolo.

–          Troisième phase : La routine s’installe

C’est la phase d’apaisement. On se change à intervalle plus régulier. On ne sent quasiment plus le sang couler. On a vaincu. La prudence reste de mise, mais le plus dur est passé et maintenant, ça ne peut plus que s’améliorer. Hors le fait de devoir conserver toujours sur soi une protection « au cas où », c’est presque de la normalitude.

–          Quatrième phase : L’incertitude

Le dernier jour. Les derniers jours ? Putain, vous vous arrêtez quand, salopes ? Je peux retirer ma serviette là ? Et là ? Bon, cette nuit rien n’a coulé, je la retire. Quoi ? Que ? FUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU.

Les règles sont joueuses.

Mais moins que celles de la bienséance sociales auxquelles nous devons nous conformer pendant cette sombre période mensuelle. Car les menstrues doivent être tues et invisibles. D’où moult stratégies pour te rendre aux toilettes avec un tampax ou une serviette DISCRETEMENT. Et c’est là que nous autres les femmes mettons à profit cette bienheureuse formation de ninja que nous avons reçue avec notre double chromosome X. « Vas-y fais semblant de consulter ton téléphone dans ton sac. Prends une serviette avec l’autre main… Serre-la fort, faut pas qu’elle dépasse. Ok, Maintenant, un mouvement sec et rapide… HOP dans la poche du jean. Là, il faut bien la remettre à plat… Faut pas que ça se voit… ok. Maintenant les toilettes. Furtive. Ok. Roger, nous sommes arrivés au lieu de rendez-vous. Ouverture du sachet. SANS BRUIT SURTOUT. Il y a un espion dans la cabine d’à côté. Doooooooooouuuuuuuucement… scraaaaaaaatch… chhuuuuuuut ! Plus de dextérité et de self-control que pour relier un putain de fil bleu et fil rouge. OK, maintenant on retire l’ancienne, on vérifie que rien n’a coulé. Tout est bien en place ?  Satisfaction. »

J’ai choisi ici l’exemple de la serviette car c’est celui qui m’est le plus familier. Car dans la vie d’une femme, outre les choix propres à l’être humain, se posent des casse-têtes qui ne sont propres qu’à nous : Jupe OU pantalon ? Collants opaques OU transparents ? Être une maman OU une putain ? Être belle OU intelligente ? Serviette OU tampon ?

Et là, je dis stop. Stop à l’hypocrisie ambiante au sein de notre vaste gynécée. Non un tampon c’est pas suuuuuuper simple à mettre. On a pas toutes la connaissance innée de notre anatomie interne, et un mauvais positionnement, c’est juste hyper douloureux. Comme ça peut-être hyper douloureux de s’insérer quelque chose dans un vagin non lubrifié (Et là, tu me dis « nan mais tes règles elles lubrifient ton vagin, han ». Et là je te réponds : pas au bout de la 4e tentative, non) Non tu n’oublies pas que tu en as un dès que tu l’as mis. Non, c’est pas suuuuuuuper simple à retirer grâce à sa petit ficelle trop cutey-cute, on dirait une souris. Pour la même raison de non lubrification et de retirer un truc qui a gonflé. Et ça fait super mal. Mais je conçois que je suis certainement une petite nature. Mais prière de la respecter, ma petite nature.

A l’inverse, une serviette périodique ne te fait pas mariner dans ton sang. Non, on ne s’imprègne pas d’une odeur dégueulasse. Non, on ne pue pas de la chatte. Je n’ai jamais entendu de ma vie quelqu’un s’écrier lors d’une soirée « TIENS, CA PUE LE SANG À LA MOULE, ICI. Y EN A UNE QUI A SES REGLES. ». Donc non, ça ne sert à rien de les parfumer. Parce que moi, personnellement, c’est cette odeur ajoutée qui me colle la gerbe. On dirait que vous avez volé tous les résultats des recherches d’Air Wick pour les foutre dans ma culotte. Ben c’est pas la peine, merci.

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On a pas des vies simples.

Alors laissez-nous au moins en parler.

Post-Scriptum

Cet article t’a semblé particulièrement répugnant ? Sers-toi un grand verre de mes règles.

Ce n’est pas pour lire mes dégueulasseries de femelle que tu paies ton abonnement à l’Internet mondial ? Sers-toi un grand verre de mes règles, et accompagne-le d’une bonne salade de mon endomètre.

Interruption momentanée de votre divertissement.

27 Avr

Les garçons qui ont des copines, c’est des putes.

Les garçons qui trompent leurs copines, c’est des putes.

Les garçons qui trompent pas leurs copines, c’est des putes.

Les garçons trop bien pour moi, c’est des putes.

Les garçons pas assez bien pour moi, c’est des putes.

Les garçons qui détournent le regard quand je leur sourie, c’est des putes.

Les garçons qui me sourient quand je suis de mauvaise humeur, c’est des putes.

Les garçons qui me sifflent dans la rue, c’est des putes.

Les garçons qui me demandent le numéro de téléphone de ma pote, c’est des putes.

Les garçons qui crachent ouvertement sur les moches, c’est des putes.

Les garçons qui traitent les filles qui veulent pas d’eux de salopes, c’est des putes.

Les garçons qui traitent les filles qui veulent d’eux de salopes, c’est des putes..

 

Tous des putes. Sauf papa.

The writing dead

16 Mar

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Ma vie a été un peu chaotique ces derniers temps.

J’ai eu un nouveau travail, j’ai pas géré mon nouveau travail. J’ai bossé jours et nuits pour me remettre à niveau. J’ai réussi à me remettre à niveau. J’étais défoncée. J’ai dormi. Je me suis réveillée pour me rendre compte que j’avais fait plein de conneries quand j’étais défoncée. Ça m’a stressée. Je me suis demandé pourquoi j’étais la seule à qui ça arrivait. Je me suis dit que c’était parce que j’étais conne. Ça m’a déprimée.

J’ai trouvé un collègue mignon. Il a parlé. Je l’ai trouvé moins mignon. J’ai remarqué qu’un autre ne m’adressait jamais la parole. Ça m’a intéressée. Il m’a intéressée. Il ne m’a toujours pas adressé la parole.  Je me suis demandé pourquoi. Je me suis dit que c’était parce que j’étais conne. Ca ma déprimée.

Je n’ai plus eu le temps de manger. J’ai maigri. Involontairement. Je me suis rendue compte que j’avais maigri. Je me suis trouvée plus jolie en maigre. J’ai continué à maigrir. Volontairement. J’ai perdu deux tailles. Je me suis trouvée bien. Personne ne m’a dit que j’étais bien. Je me suis demandé pourquoi. Je me suis dit que c’était parce que j’étais moche. Ça m’a déprimée.

Je me suis dit qu’une nouvelle vie serait une bonne occasion pour rencontrer un garçon. Je suis sortie, entre amis, avec des amis d’amis, avec des inconnus, chez les gens, dans les bars. Personne ne s’est intéressé à moi. Je suis toujours célibataire. Je me suis demandé pourquoi. Je me suis dit que c’était parce que j’étais conne et moche. Ça m’a déprimée.

Je me suis rendue compte que je me regardais quand même beaucoup le nombril. Que je tournais en rond sur les mêmes thèmes. Que je ramenais tout à moi. A  mon poids. A mon célibat. A mon désespoir. Je me suis rendue compte que je me complaisais dedans. Je me suis rendue compte que j’étais chiante. Je me suis demandé pourquoi les gens ne fuyaient pas ma compagnie. Je me suis dit que c’était parce que vous êtes des gens biens. Ça aurait dû me remonter le moral. Je me suis dit que je ne vous méritais pas. Ça m’a déprimée.

Je me suis rendue compte que j’avais  passé ma vie à essayer d’être moins conne et moins moche. Je me suis rendue compte que ça n’était objectivement pas le problème. Il y a des gens qui me trouvent conne et moche et je n’en ai jamais rien eu à foutre de ces gens-là. Il y a des gens qui me trouvent drôle, fine, sympa quoique parfois un peu maussade, un peu lunatique, un peu lourde. Il y a même des gens, les bienheureux imbéciles, qui me trouvent pas trop mal.

Il y a même mon père qui m’a dit qu’il n’y avait pas de raison qu’un garçon ne veuille pas de moi.

Mais je me suis rendue compte que le seul avis qui comptait, le seul qui m’a réellement affectée et freinée toute ma vie, c’est le mien. Je me suis rendue compte qu’il fallait que j’arrête d’attendre une validation de la part de personnes qui ne me valideraient jamais parce que c’est ainsi que je les ai choisis. J’ai réalisé que la seule validation qui importait, c’était la mienne.

Il est temps que je me valide. Indépendamment de tout le reste.

Il est temps de vivre.

Ne serait-ce que pour sortir la tête de mon nombril et pouvoir recommencer à écrire des drôleries enjaillantes sur ce blog et, peut-être, vous réarracher enfin un sourire.

🙂 <==== (Vous quand je vais réécrire des choses drôles)

:3 <==== (Moi quand je recommencerais à vous refaire sourire en écrivant des choses drôles)

o_O’ <==== (Vous quand vous serez gênés par mes blagues pas drôles)

7 <==== (Le chiffre 7, parce que ça porte bonheur et en hommage à Anne Sinclair dont les pulls sont revenus à la mode)

Pépitop.

24 Juil

[Message de service: Arrête de faire des titres avec des jeux de mot tous pourris, tu fous tout le monde mal à l’aise]

 

À l’instar de Martin Luther King, j’ai, une nuit, fait un rêve.

Je portais une mini-jupe de tenniswoman et Lord Voldemort me prenait sauvagement sur le plan de travail de la cuisine de ma meilleure amie de primaire*.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé que nous n’étions pas tous égaux face à nos désirs et fantasmes inavoués. Et que décidemment, on ne peut préjuger d’aucuns goûts (m’aurait-on dit auparavant que ce qui faisait décoller mon inconscient c’étaient les hommes chauves, sans nez, aux doigts et aux ongles longs et aux yeux rouges, je me serais tournée vers une photo de Cary Elwes avant d’éclater d’un grand rire dédaigneux).

C’est aujourd’hui forte de ce constat, selon lequel nous ne partageons en aucun cas les mêmes préférences en matière de possible partenaire particulier, parfois pas même avec notre propre nous-mêmes, que je me permets d’asséner une autre vérité : les hot 50, ça craint. En plus, je suis grave en retard sur cette mode du classement, peste soit de ma fainéantise maladive.

Comment faire alors pour me rattraper ? Que classer ? Qui classer ? J’ai bien essayé de classer mes slips, mais il m’était difficile de rendre la chose publique pour d’obscures raisons de décence. J’ai ensuite voulu classer mes amis, mais ce sont des petites choses très susceptibles (en plus vous auriez su comment j’en ai pas beaucoup, j’aurais ressenti la honte sociale, et j’aime pas trop ressentir la honte sociale. Encore moins que vexer mes copains). Classer mes crayons de couleurs ? Oui. Mais on finit toujours par retomber sur le même problème : où ranger le violet ? Entre le bleu et le rouge au risque de faire cohabiter le bleu avec le marron, ce qui n’a aucun sens, ou entre le bleu et le marron, ce qui provoque une coupure nette au milieu de l’arc-en-ciel et n’est donc aucunement envisageable ? Le risque de sombrer dans la folie est trop grand. Restons raisonnables.

Quand tout à coup, de bienveillantes muses obsédées de psychologie mirent sur mon chemin un objet qui me révéla la voie que cet article devait emprunter. Il s’agit du livre que l’ensemble de ma famille possède en 25 exemplaires : Psychologie de la peur, Craintes, angoisses et phobies (et autres synonymes) par Christophe André.

Je décide donc, en accord avec le Comité des Classements Débiles, de vous livrer aujourd’hui et en ces lieux, cette part ô combien secrète et intime de moi-même : mes peurs les plus profondes, mes angoisses les plus vives, quelques uns de mes petits moteurs personnels, imprimés dans mon cerveau. C’est donc une part de cervelle que je mets ici à votre disposition. C’est franchement dégueulasse.

Voici donc en exclusivité mondiale, (et bientôt dans ta ville !!) le TOP 10 de mes phobies :

 

1.Les requins :

Il est étonnant de constater que ma plus récente phobie est devenue la plus vive et la plus handicapante dans ma vie de tous les jours. « Comment ? » vous dites-vous ? Ah, je vois le genre. Vous faites partie de ces rigolards, sûrs d’eux, pleins de bons sens et qui me tapent dans le dos en disant « Ah ben la phobie des requins, ça va, c’est rien, tu risques pas d’en rencontrer ! ». Non, certes. Surtout que jamais de ma vie je n’irai me baigner dans un endroit où la rencontre serait potentielle. Mais il n’empêche. Il n’empêche que putain de sa mère, les requins. Quand j’étais encore une jeunette, découvrant la vie et ivre de sensations fortes, j’adorais me repaître de films de requin, de la même façon que le requin aime à se repaître de surfeurs. Mais depuis quelques années, la simple vue de la créature, même sur un écran, même sur une photo (même sur une serviette de plage, c’est vous dire) me tétanise. Je fous tout par terre, et me jette violemment dans un coin pour me rouler en boule jusqu’à ce que ça s’en aille. Il paraît que dans l’eau, je ne pourrais pas le faire et qu’en plus l’efficacité d’une telle technique n’est pas encore confirmée par les plus grands chercheurs, contrairement à Signal White. Mais en quoi est-ce handicapant, en dehors d’un visionnage forcé des Dents de la mer (ça m’est déjà arrivé, j’ai une famille très sympa) ? Ça l’est lorsqu’au détour d’un film pas forcément consacré aux requins le réalisateur s’est dit que ça serait hypra trop cool de foutre un requin là. Ça l’est dans une piscine. Ça l’est dans la mer, même la Méditerranée. Ça l’est quand je me baigne, mais aussi lorsque je suis sur un bateau. Ça l’est dans mon bain. Ça l’est dans mes cauchemars. Ça l’est lorsque je dois fermer les yeux en me lavant le visage. ALORS VA BIEN METTRE TA MAIN DANS LE MIXEUR AVEC TES « AH BEN ÇA VA, TU RISQUES PAS D’EN RENCONTRER ».

 

2.Les ongles de pied incarnés :

Déjà, on est bien d’accord, c’est dégueulasse. Mais ce n’est pas tant le concept de l’ongle qui s’enfonce sous la peau qui me dégoutte que ce qu’il faut faire pour soigner un ongle incarné. Il faut couper l’ongle sur le côté et sur toute la longueur. Si, c’est vrai, je l’ai vu dans Allô Docteurs, l’émission de la santé et des blagues de cul. D’ailleurs, si un jour j’ai un ongle incarné, je vous préviens tout de suite que je préfère l’amputation de l’orteil à celle de l’ongle. Couper tout un grand morceau de l’ongle. Pour l’enlever. Enlever l’ongle. La partie qui est dans la chair. Arrête, je vais m’évanouir.

 

3. Les araignées :

Sérieusement, à quel moment du grand n’importe quoi cosmique qu’a du être la création il est paru à Dieu, (ou à la nature, ou au hasard, ou aux Dieux, ou aux Créateurs de Prometheus, ou à Raganok, grand esprit mi-truite mi-poulet ou ce que vous voulez, je me fous de vos croyances) être d’une logique implacable de créer ça ? Je pense que les araignées sont la preuve vivante que, qu’elle que soit l’entité qui est derrière notre existence et celle de la Terre, elle a du ressentir un tel sentiment d’échec devant son œuvre qu’au bout d’un moment, elle n’en a plus rien eu à foutre de ce qu’elle faisait. D’où une créature sordide, pleine de pattes, pleine de poils, pleine d’yeux, pleine de mandibules, avec un tel gros cul que même William Carnimolla ne saurait pas t’arranger ça. ET VENIMEUSE DANS LA PLUPART DES CAS, AVEC ÇA ! Bravo l’évolution, mais si c’est pour bosser comme ça, autant rien faire du tout. Surtout que ça court vite. Surtout que ça vous grimpe dans le cou. Surtout que si tu la perds des yeux t’as plus qu’à courir comme un fou en te donnant des grandes claques pour la faire tomber et en hurlant : « ELLE EST SUR MOI, ELLE EST SUR MOI ». Et pleurer, aussi. Paie ta dignité.

 

4.Le noir :

Nul racisme de ma part ici, évitons les confusions malheureuses. Mon sentiment de panique ne naît pas de la rencontre de personnes à plus fort taux de mélanine, mais bien de l’absence de lumière causant une perte totale de repères, ne me permettant alors plus d’affirmer avec certitude que ne cohabitent pas avec moi le méchant loup/Freddy les griffes de la nuit/La madame de The Grudge/Charles Manson/ Marilyn Manson (rayer les mentions inutiles en fonction de l’âge et des goûts personnels).

Il parait que c’est parfaitement normal pour un enfant d’avoir peur du noir. Jusqu’à ses huit ans environ, je crois. Ensuite, l’enfant réalise que les choses qu’il imagine ne sont pas réelles et qu’il ne risque rien. D’autres fois, l’enfant continue à bien flipper sa race dans le noir le plus complet jusqu’à en faire des crises si quelqu’un ne rallume pas immédiatement la lumière, déconnez pas les mecs, et ce, jusqu’à ses 25 ans au moins (l’étude sur le sujet est toujours en cours). D’ailleurs, notez que si je n’aime pas dormir dans le noir, je n’aime pas non plus dormir dans le silence complet. C’est juste anxiogène. N’importe quel bruit devient inexpliqué. Et je ne sais pas combien de films d’horreur vous avez regardé, mais c’est souvent celui qui cherche à déterminer l’origine d’un son insolite qui se fait écharper en premier, alors hein.

Enfin si, il y a une circonstance durant laquelle je peux dormir dans le noir : lorsque je dors avec quelqu’un. L’idée est simple : si quelque chose vient nous attaquer parce que nous sommes dans le noir, il est possible que ça tue mon compagnon en premier et me laisse le temps de m’enfuir. Lâcheté sans cesse. Une amie en médecine avait recensé cette phobie, inattendue chez une adulte, dans la liste des particularités qui font de moi une potentielle sociopathe. Mais ne la croyez pas. Ça fait juste de moi un petit flocon de neige spécial. Très, très spécial.

 

5.Les transfusions sanguines :

Comme le chantait à peu près Eddie Mitchell, on a tous en nous quelque chose d’un témoin de Jéhovah. Moi, c’est le fait que je trouve parfaitement dégueulasse l’idée de sortir du sang d’une personne par le biais d’une seringue et d’un tube, de même que celle de mettre du sang dans une personne par ce même biais. Franchement. Déjà les veines c’est gore comme concept. Soyons clairs : je n’ai pas de problème avec le sang. Je n’ai pas de problème avec les blessures. J’ai un problème avec l’idée de bouger du sang. Alors que je n’ai pas de problème avec l’idée de bouger son boule, mais j’admets que ça n’a rien à voir.

 

6.Les nombres 13 et 43 :

Alors pour ce qui est de 13, je peux l’expliquer. Superstition traditionnelle dans une société judéo-chrétienne qui veut ce nombre soit maudit. Nombre dont je n’ai d’ailleurs strictement rien eu à carrer avant mes 21 ans. 43, c’est plus compliqué. Je peux l’expliquer mais vous ne comprendriez pas. Je tente quand même. C’est une histoire étrange, longue, pleine de rebondissements et de princesses elfiques. Huuum, non, attendez, ça c’est le Seigneur des Anneaux. Oui, donc je disais : Quand j’ai commencé à flipper du nombre 13, je ne supportais pas de le voir. Nulle part. Et en particulier pas sur les horloges, support sur lequel je le rencontrais le plus souvent. C’est de cette phobie horlogère du 13 qu’est née celle de 43. Pourquoi ? Parce que c’est le nombre obtenu quand on ajoute une demi-heure à 13.

Je vous avais dit que vous ne comprendriez pas.

Mais fi de votre compassion, sympathie ou même pitié, le résultat reste le même. Je ne supporte pas de tomber sur les pages qui se finissent en 13 ou 43 dans un livre. Je les lis le plus vite possible. Je ne supporte pas d’avoir un nombre de followers ou de followings sur Twitter qui se termine en 13 ou en 43. Je détourne mon regard de l’horloge quand elle affiche de tels horaires et rien de ce que je fais ne dois jamais s’arrêter à 13 ou à 43, pour autant que je le sache et dans la mesure du possible. Qu’est-ce qui se passerait sinon ? Sans aucun doute rien, j’en suis parfaitement consciente. Mais n’essaie même pas de me raisonner.

 

7. Ça :

It. Pennywise. Tim Curry avec encore plus de maquillage que Frank n’ Furter. Le clown diabolique de Stephen King. Il faut dire que quand on est une gamine pas franchement courageuse (peur du noir, toussa, remember) et qu’on tombe tard le soir sur un extrait du film, il y a de quoi vous marquer. A vie. Sans compter, que, franchement, regardez-le : il a ce qu’on peut appeler « une très sale gueule ». Et j’aimerais pas lui rouler une pelle. Surtout que, comme une sotte, et ce malgré ma conscience de ma peur de ce cher Ronald Mc Donald d’après minuit, j’ai pris un jour la décision de commencer le livre. Que je n’ai jamais fini. Et je ne passe plus jamais l’esprit tranquille devant un regard d’égoût. Les vrais savent.

 

8. Les pannes d’inspirations quand j’écris un article :

C’est vrai, ça vous pourrit tout le développement et d’un seul coup, vous vous retrouvez avec un pauv’ « 8 » débile au milieu et tâchez de faire bonne figure en alignant des mots, alors que tout le monde s’est très bien rendu compte que vous n’aviez strictement rien à dire, ce qui, au final, vous rappelle vos partiels les plus glorieux avec un nombre minimum de pages à rendre, vous forçant à élaborer de longues phrases vides de sens et qui auraient fait pâlir Proust de jalousie mais qui ne dupaient en aucun cas votre correcteur qui, dans un accès de générosité, vous attribuait tout de même la note de 2, que vous deviez ensuite expliquer à vos parents, lesquels ont toujours été très stricts quant à vos résultats scolaires et ont alors commencé à ne plus vous croire sur parole lorsque que vous affirmiez que si vous ne répondiez pas à leurs appels en semaine, c’est parce que votre téléphone était en silencieux puisque vous faisiez des sessions de travail avec votre amie Géraldine, amie qui s’appelait en réalité Paul et dans le slip duquel vous espériez secrètement glisser votre main.

 

9. Le diable :

Il est assez étrange d’avoir peur d’une chose en laquelle on ne croit pas. Enfin en tous cas, pas tant que la nuit n’est pas tombée. Je n’aime d’ailleurs pas en parler, en réalité. Je ne veux pas y penser. Je ne veux pas attirer son attention. Je ne veux pas finir possédée et mourir avec un brushing dégueulasse. Venez, on arrête d’en parler.

 

(Ps : le diable, si tu lis cet article, excuse moi, je voulais pas t’offenser ni rien, si tu veux, on fait la paix autour d’un Figolu).

 

10.Le Dino-train :

Non, ne riez pas. Si vous riez, c’est que vous n’avez jamais vu le Dino-train. Je suis tombée dessus une fois. UNE FOIS. Déjà trop. Qui n’a jamais vu un épisode du Dino-train ignore tout de la signification du mot « angoisse ». La simplicité de son histoire dissimule toute l’horreur de ce dessin-animé. Il s’agit de deux jeunes dinosaures qui visitent des endroits à bord d’un train dinosaure (je crois qu’il a une tête de Tricératops si mon flash traumatique est exact, mais je n’en suis pas sûre) sous la houlette du chef de gare. Le chef de gare, comment vous expliquer son potentiel dinobear ? Il a déjà la tête de dinosaure la plus chelou de tout le Crétacé. Mais ce n’est pas tout. Il porte également un petit gilet à rayure et un képi. Si vous cherchez le mot « creepy » dans le dictionnaire, il est plus que probable qu’il en soit l’illustration. Je tiens d’ailleurs à préciser que dans l’épisode que j’ai vu, il emmenait les enfants dinos chercher des dinosaures LA NUIT. Sans leurs parents. Et s’amusait à se planquer dans les buissons pour leur foutre la trouille.

Il y a donc de fortes chances que les enfants qui vont grandir devant ce dessin animé finiront eux aussi par diffuser des top 10 de leurs propres phobies sur les Internets. Ou par tuer leurs proches.

 

*Véridique.

 

PS : J’ai fait dans le soft au final, mais sachez que les recherches pour l’illustration de cet article ont écourté mon espérance de vie de cinq ans. Sans déconner.

 

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Léa Passion Aliens.

27 Juin

Léa aurait mieux fait de jouer à « Léa Passion Combat Rapproché » au lieu de « Léa Passion Greluche ».

« Qui n’a jamais recherché le tag Loki dans Tumblr ignore tout des profondeurs de la folie humaine. » (Je l’ai lu dans un épisode de Esprits Criminels).

Mais peut en revanche oublier que Avengers, c’était pas franchement ça. Alors que tout le monde m’en avait dit du bien, genre le meilleur film de super-héros depuis longtemps, toussa… Mouais.

Puis vint le temps de Prometheus.

C’est pas comme si j’avais attendu ce film avant même que Ridley Scott n’en ai eu l’idée. C’est pas comme si je connaissais la quadrilogie Alien par cœur, c’est pas comme si je redevenais une gamine émerveillée devant la créature à chaque visionnage, même d’Alien Résurrection qui est franchement très mauvais. C’est pas comme si, sortie le 30 mai, oui non mais vous êtes bien gentils mais j’ai pas trop le temps, là…

Puis vint le temps des critiques de Prometheus. Descendu en flamme : nul, décevant, compliqué, baaaaah, j’ai vomi sur mon voisin dans la salle de cinéma…

Ne me restait qu’un espoir. Maigre. Ténu. Brillant si faiblement dans cette obscurité que je le sentais chaque jour un peu plus proche de s’évanouir.

Puis vint le temps de voir Prometheus et tout se confirma.

Vous me mentez. Sans cesse. Vous m’avez menti pour Avengers, vous m’avez menti pour Prometheus. Plus jamais je vous écoute.

Je réalise qu’en disant ça, je vais me faire haïter comme c’est pas permis. C’est plus facile de dire qu’on a détesté, comme un cynique qui se laisse pas attendrir par le mainstream, putain, tu vois, moi j’attends grave du niveau dans ma life. Je juge pas, hein, c’est d’ailleurs un peu la spécialité de la maison. Mais disons les choses comme elles sont un instant : je n’ai pas de leçons à recevoir de gens qui se paluchent devant Mulholland Drive et dont certains, si ça se trouve, cachent qu’ils ont aimé Avatar. Et aimer Avatar, là, c’est vraiment du mauvais goût.

Non, je sais que certains d’entre vous ont été déçus. Peut-être que je ne pouvais pas l’être. La saga Alien me fait le même effet que Disneyland. Etoiles dans mes yeux.

Tout d’abord ce film répond à l’une de mes plus anciennes questions.

« Dis maman, comment on fait les Aliens ? »

Oui, œufs, créatures visqueuses, facehugg, insémination, explosion de l’abdomen, mue. Ca ok. Mais ils viennent d’où les œufs, hein ? Pourquoi sur cette planète ? Dans un vaisseau ?

C’est une question que je me pose depuis que j’ai dans les quinze ans, âge de mes premiers visionnages. Autant vous dire dès lors que c’est une question que je me suis posée bien plus longtemps et de façon bien plus intense que « Comment on fait les bébés ? ». Ça, ça va. On me l’a vaguement expliqué. Je me demande juste encore si un bec de cigogne ça fait pas trop mal. Mais revenons à nos créatures visqueuses et bavantes.

Oui, l’avantage premier de Prometheus c’est de répondre très clairement à cette question. Croisement entre un liquide noir qui fait muter les êtres en créatures extrêmement puissantes et agressives, de l’ADN humain et gestation dans un Ingénieur qui donne naissance à UN MAGNIFIQUE PETIT BÉBÉ REINE PRESQUE-ALIEN QUI VA ALLER NOUS PONDRE SES ADORABLES PETITS ŒUFS, OUI, ON EST UNE BELLE FIFILLE, OUI, CA MADAME, DONNE LA PAPATTE, AÏE, NON PAS DANS LA TÊTE…

Hum. Pardon.

Bref, autant vous dire qu’à ce niveau là, je suis aux anges. D’autant plus que Prometheus a l’intelligence de ne pas nous fournir toutes les réponses. Parce que si maintenant nous savons comment, il nous reste le pourquoi ?

J’ai bien une théorie, mais plus j’y réfléchis, moins elle tient.

Ma théorie est que les Ingénieurs n’auraient conçus les humains que pour produire des Aliens. Un chaînon manquant vers la créature parfaite, telle que la décrit Ash dans le premier opus. Un élément du film en particulier conforte cette théorie : l’Alien christique représenté dans la salle dela Grosse Tête, qui est clairement un temple. HUM HUM HUM…

Mais je sais qu’c’est pas possible, t’sé. Cependant comme le dit Elisabeth Shaw : « C’est ce que je choisis de croire. »  En vrai trop de faits vont contre cette idée, parce qu’il est peu crédible que les Ingénieurs aient tout bien géré leur arme, le liquide noir, étanchéité parfaite dans les conteneurs, pendant près de 35 000 ans et qu’ensuite ils aient epic-failé et se soient fait démonter la tronche. Ensuite, l’Ingénieur qui a survécu n’aurait pas tué les humains qu’il avait à sa disposition, puisque l’occasion était idéale pour jouer au docteur.

Sinon, j’ai découvert que Ridley, ça ressemble quand même vachement à Ripley. Si regarde, si tu met un p à la place du d. TAVU ?

Ceci était l’intermède « Je suis un putain de génie, le monde doit savoir ».

Ensuite, je trouve que les personnages se tiennent de façon très correcte. Et pas seulement à table, je veux dire. On ne creuse décemment que ceux d’Elisabeth et de David, mais c’est un peu normal, vu que comment t’expliquer que c’est les héros et qu’on demande rarement à un film d’action de pouvoir faire une fiche détaillée du background de tous ceux qui ne sont clairement là que pour finir éventrés ?

Mais nous atteignons là une de mes limites qui est ma difficulté à parler de ce que j’aime bien. En effet, il est toujours plus facile d’identifier ce qui nous déplait que ce qui nous plait (sauf dans le physique de Tom Hiddleston, mais ça, ça n’a rien à voir)

Oui, toi, oui… Psssccht, va t’en maintenant, laisse nous parler.

et plus je tente d’identifier les éléments qui m’ont fait aimer ce film, me sentir excitée comme une gamine à qui on a promis un Face-Hugger à Noël, moins c’est clair dans ma tête. Comme beaucoup d’autres choses.

J’avoue dès lors avoir une chtouille (cassedédi Damien Jean) de reproches à faire au film. Quelques scènes qui m’ont laissée sur ma faim, en particulier sur la fin. Oui, à part la toute, toute dernière scène qui m’a fait des sensations toutes bizarres, comme des vagues chaudes et agréables dans le bas-ventre, j’avoue un léger sentiment de what-the-fuck pendant les dix dernières minutes.

Commençons par pas le commencement : l’avant-dernière scène, celle où Elisabeth Shaw se barre avec son nouveau bestah, le cyborg David (qui a juste tué son mec et essayé de la tuer indirectement, ce qui fonde, comme chacun sait, les plus belles amitiés). Oui, je comprends, elle a tout perdu, et prendre le vaisseau d’un des Ingénieurs pour l’emmener sur Terre remporterai la palme de l’idée à la con, vu qu’ils sont bourrés du liquide noir qui les a décimés et qui est destiné à anéantir l’espèce humaine. Mais aller sur leur planète, est-ce que ce n’est pas éminemment stupide aussi ?  Certes, tout ce qui reste à Elisabeth, ce sont ses questions sur pourquoi avons-nous été crées et pourquoi avoir souhaité nous détruire (Il y a une réflexion sur la foi que j’ai trouvée assez intéressante, et le parallèle avec les prédictions d’apocalypse est assez flagrant. Pourquoi créer la vie si c’est pour la détruire ensuite ? Je pense d’ailleurs que c’est pour ça que les questions d’Elisabeth restent sans réponse). Que disais-je avant de grossièrement m’interrompre dans des réflexions cinématographiques plus ou moins valables ? Ah oui ! Aller voir les Ingénieurs pour leur demander « WHAT THE FUCK, DUDE ? »… L’attitude de celui rencontré sur LV-223 vie ne révèle-t-elle pas suffisamment à Elisabeth qu’elle n’aura même pas le temps d’ouvrir la bouche pour commencer à énoncer une formule interrogative une fois sur place avant de se faire séparer la tête du corps ? A moins que (oui parce que je continue à y réfléchir pendant que j’écris) à moins que son but ne soit de ramener les armes que le vaisseau contient pour détruire les Ingénieurs ? Là, ça pourrait se tenir. Oui, parce que sinon juste, notons qu’en allant leur dire « Coucou, tu veux voir mon évolution ? » elle leur rend les armes de destruction massive qu’ils ont mis au point, qui nous étaient un peu destinées et que pourtant ils avaient laissées en paix depuis 2000 ans.

Ensuite, et là ça m’est tout à fait personnel, il me semble bien qu’une grande partie de ma passion Alien tient au design exceptionnel de Giger. Les formes de l’Alien sont belles. Fines, compliquées, uniques. Alors quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’est ce moche poulpito sorti tout droit d’un moche Resident Evil produit de la gestation d’Elisabeth Shaw ? Non pasqu’il est méga cheum de la mort de la cheumitude extrême que c’est peut-être pour ça que des gens ont vomi devant le film. Mon désaccord le plus complet. (Article interactif : compte toi-même le nombre de fois où j’ai dit que le monstre était moche et devines toi-même ce que j’en penses).

Autre gène personnelle, mais qui là tient plus du « Ridley, lâche la caméra, moi je ferais pas comme ça » : Le personnage de Charlize Theron (que j’appellerai donc Charlize parce que je ne me souviens plus de son nom). Elle semblait au cœur d’un truc important jusqu’au moment où elle meurt de la pire façon du film. Si, bien voir que tu vas te faire écraser c’est hyper anxiogène. Mais pourtant. On nous fait des pseudos mystères sur son identité pendant la moitié de l’histoire (sauf que tu te rends compte tout de suite qu’elle est la fille du vieux patron de la Weyland company vu comment elle le vit bien mal qu’il dise que David est le fils qu’il n’a jamais eu) et au final elle meurt bêtement. Alors que si elle était rentrée sur Terre, elle aurait été le lien parfait entre la richissime companie de Prometheus et le diabolique ennemi dont l’ombre plane sur la saga Alien. Charlize est froide, calculatrice et entravée par des father issues assez sévères. Elle accompagne l’équipage pour suivre le « rêve » de son père. Une fois rentrée sur Terre elle aurait eu à cœur de le poursuivre en s’en foutant plein les fouilles au passage, d’autant qu’elle sait que ce que le vaisseau contient sont des armes. Et retrouver ces armes est bien le but de la companie pendant près de quatre films ensuite. Elle aurait donc été idéale pour leur foutre cette idée dans la tête pour des siècles et des siècles à venir, amen. Le lien, quoi.

En effet, bien plus grave, les liens ne sont pas toujours bien fait entre Prometheus et Alien. Il parait que c’est parce que finalement Ridley a décidé que ce ne serait pas un prequel d’Alien. Te fous pas de ma gueule, Riri. Ainsi :

-Le Space Jockey (l’Ingénieur) ne peut plus être dans le siège de pilotage où le trouve l’équipage du Nostromo puisqu’il est parti faire du Crazy Alien Sex avec le bébé de Elisabeth Shaw (remember la naissance trop choupinou dont je vous ai parlé au début) dans la cabine de survie.

-L’équipage du Nostromo ne trouve pas de reste de corps humain (là, il faut que je checke, si ça se passe genre beaucoup, beaucoup plus tard, car alors il est possible que les corps aient pourris. Mais il resterait quand même les combinaisons, donc ça ne tient pas).

-Enfin, l’équipage du Nostromo ne trouve pas les 15 000 conteneurs à liquide noir et ça, c’est quand même plus problématique.

Oh… Et si ? Et si c’était pour nous faire de la place pour encore un autre film?

Je reviens, il faut que j’aille changer de culotte.

AVERTISSEMENT : Cet article avait une forte teneur en spoiler de Prometheus. Si tu n’as pas vu le film, tu ne devrais pas le lire. En plus t’as pas du paner grand-chose.

Si c’est le cas, je m’en excuse si fort que je t’offre ceci en compensation. Peut-être y trouveras-tu un indice sur l’un des prochains articles…

La Tacata en WTF majeur.

3 Juin

Il paraît que je suis capable d’écrire pour faire autre chose que critiquer.

Oui en ce moment particulièrement, je suis très capable d’écrire de l’historiographie, de l’épistémologie de géographie, un développement qui tient plus ou moins bien debout sur les risques urbains… Et c’est chiant. Alors, back to classics.

D’autant que là, y a du lourd.

J’avais exclu les clips de ma routine journalière depuis un certain temps du fait de  sympathiques journées 7h-20h en dehors de mon chez-moi.

Quelle ne fut pas, dès lors, ma surprise et ma joie de découvrir un nouveau feat de Pitbull avec cette coquinette de J-en-ai-pas-eu-assez-la-première-fois-Jennifer-Lopez. Grande et belle chanson qu’est I wanna dance and love and dance and love and dance and love and dance and love. Je l’écoute d’ailleurs en boucle. Mais Jenny, sois sympa et laisse un peu de Pitbull aux autres veux-tu? D’autant que se forge de plus en plus dans mon esprit une théorie selon laquelle ce dernier est en réalité une entité extraterrestre envoyée sur Terre dans le but de featurer avec tous les chanteurs existants, qu’ils soient vivants ou morts. En effet, la zombie apocalypse étant pour bientôt , le feat Pitbull/Jacques Brel devrait dépoter.

Cependant, et ce bien que l’on y voit la tête de Pitbull en gros plan et sans lunettes de soleil, ce clip n’a pas été l’objet du plus grand de mes dégoûts lors de mon retour dans le clip-jeu.

J’ai vu des choses… des choses dont on ne doit parler. Des choses qui peuvent détruire la vie d’un homme. Et pourtant, faisant preuve d’aussi peu de respect pour la vie humaine et d’autant de fascination morbide que les gens qui font des captures d’écran de vidéos de meurtres (oui, il y en a, on m’en a parlé pas plus tard qu’il y a 20 minutes – cette indication temporelle n’a de sens que si tu lis cet article en même temps que je l’écris. Si oui, dégage de ma tête, Charles Xavier), je vais vous faire montrer…CECI :

Bien.

Je sais que vous voudriez que nous n’en parlions pas. Vous avez besoin d’être un peu seul, de remettre de l’ordre dans vos idées, de faire un câlin à la personne dont vous êtes le plus proche.

Vous voudriez oublier.

Mais soyons courageux. Ce que vous avez vu EST RÉEL. Il y a des gens qui ont écrit cette chanson. Il y a des gens qui ont accepté de la chanter. Il y a des gens qui ont accepté de la produire. Il y a des gens qui ont accepté de leur louer un studio d’enregistrement. Il y a des gens qui ont décidé de réaliser ce clip. Il y a des gens qui ont accepté de figurer dedans. Il  ya des gens qui ont pris la responsabilité de le diffuser.

Il y aura toujours des gens qui ne reculeront jamais devant le pire pour un peu de thunes. Et il faut que vous le sachiez.

Malgré la peine, réelle et profonde, que je ressens à vous infliger ça, il était de mon devoir de vous préparer à ce genre d’horreurs. Car elles existent. Et je vous aime trop pour vous laisser désarmés face à… L’ANGOISSE DE LA TACATA.

D’abord, un peu de Wikipédia pour se contextualiser l’affaire : la chanson a été écrite par Raul-Rodriguez Martinez et est chantée par Martínez Rodríguez. Bon. Stop Wikipédia.

Tâchons alors d’analyser ensemble ce que nos yeux et nos oreilles ont enduré pendant 3 minutes et 34 secondes.

Au milieu d’un jet continu de couleurs flashy s’engage sous notre regard incrédule une chorégraphie que ne renierai pas… Euh, ouais non en fait, je ne vois personne qui ne renierai pas ça.

Soyons tous d’accord pour dire que l’aspect le plus traumatisant du clip, celui qui peut vous dégouter à vie de sexer des créatures d’apparence féminine, est la vue de dos de la nana dont le string dépasse du pantacourt pour remonter au moins jusqu’aux épaules. C’est… vraiment? VRAIMENT? On avait pas voté contre ça, à un moment donné? Non parce que si c’est pas fait, il faut le faire. Jean-Marc Ayrault, si tu me lis, tu seras prié d’en faire une priorité du gouvernement. Tu seras mon ayrault.

#LéaPassionVieillesVannes

Cette vision qui m’a définitivement convertie à l’asexualité nous amène à approfondir la question vestimentaire. Faire un clip sexy avec des filles en pantacourt, il fallait oser! C’est absolument innovant. Vraiment, l’idée était inexploitée et c’est pas mal d’être allé chercher de la nouveauté comme ça. Non c’était bien. Mais par contre faut vraiment pas le faire, hein. Je ne dis pas ça seulement en tant que membre à part entière du Comité pour l’Interdiction Définitive du Port du Pantacourt. Je le dis également en tant qu’être humain doté d’une sexualité (jusqu’à récemment, en tous cas) et de critères esthétiques. C’est le vêtement le moins sexuel de toute l’histoire du vêtement.

Sinon, notons tous ensemble que le chanteur fait une mimique dégueulasse avec ses lèvres, ce qui le place en concurrence directe avec notre idole Pitbull et profitons-en pour faire également un big up plus que mérité au mec qui fait semblant de jouer du clavier Playschool comme j’en avais pas vu depuis la ludothèque.

Et maintenant, le texte. Oui, car Tacata, des Tacabro, ce n’est pas seulement des images anxiogènes agrémentées de Vuvuzela. C’est aussi un coin de poésie, d’amour, de balade champêtre main dans la main avec ton doudou/ta doudoune, si tu es manteauphile, c’est son regard la première fois, son toucher après, ce sont deux papillons voletant gracilement de fleur en fleur. La délicatesse, la sensibilité, le harcèlement sexuel auditif.

Faisons ainsi confiance au premier site de traduction venu, comme un jeune soldat rencontrant sa première prostituée, et analysons ensemble ce texte peu commun. Surtout avec les moyens du bord de Google traduction vu que j’ai le mauvais goût ultime de connaitre très peu d’espagnol. Non, en vrai j’en souffre. On ne peut décemment pas survivre dans un pays étranger en ne sachant dire que rebajas et cerveza. On s’en sort, certes, mais avec moult difficultés. Bref, fi de mes bavardages incessants et allons-y, Almanzo.

It’s herméneutique time !

Le texte débute par une double interrogation : Connaissez-vous la Tacata et aimez-vous la Tacata ? Donc déjà si tu réponds non à la première t’es baisé pour la deuxième. Si tu réponds oui à la deuxième, t’es baisé pour t’en sortir dans la vie. Cependant, sache que plus loin dans le texte, il est précisé que si tu n’aimes pas la Tacata, les chanteurs vont venir t’attaquer la nuit. L’un des deux a un bouc blond, je serais toi, je ferais pas le con.

S’en suit une sombre histoire de donner sa maman pour qu’elle fasse la Tacata. J’ai déjà caché la mienne à la cave, ils ne la trouveront jamais. Cette mode des MILF nous achèvera tous.

Puis, danse de l’été oblige, toute une thématique très originale est déployée : danser, faire la fête, pumper le volume dans les baffles du coffre de ta 206 tunnée et bouger ton boule au son de la Tacata. On parle aussi de boobs à un moment donné, mais là la traduction était particulièrement mauvaise alors j’ai pas tout compris. Il me semble que l’idée générale reste toutefois de célébrer et sublimer les courbes du corps féminin au travers d’un hymne à la gloire des nichons de ta génitrice.

Puis c’est l’instant avertissement à toutes les salopes qui n’auraient pas le bon goût de se déhancher en string de diamant sur la Tacata, celles qui osent « critiquer cette bonne musique » : Tu vas te prendre un verre d’eau de tomate (WTF le plus total !), petite effrontée, ainsi que des sanctions de la part des garçons. J’imagine bien les mecs pendant l’écriture des paroles :

« -Dites donc les mecs, ce serait pas un peu de la merde ce qu’on est en train de faire, là ?

-Ouais si un peu, mais on s’en fout, tant que ça marche..

-Et encore, t’as pas vu le clip qu’ils nous ont prévu…

-Non mais attendez, on va s’en prendre plein la gueule si on sort ça…

– …

– …

– OH, PUTAIN, J’AI UNE IDEE DE GÉNIE ! On va écrire des menaces dans les paroles pour les gens qui critiqueraient. Genre on va leur laisser entendre que si ça leur plait pas, on va leur envoyer les succédanés de Hannibal Lecter qui sévissent en ce moment.  Surtout pour les bitches. Il faut qu’elles sachent que leur vraies place c’est soit la cuisine, soit le booty shake sur des paroles débiles mises en musique par un type qui connait que trois touches de son clavier… Sans vouloir te vexer, Thierry, hein !

– Non mais je vous jure que j’apprends les cinq autres notes dans la semaine »

Cependant, on ne me menace pas, moi!

Pouvais-je conclure cet article par autre chose que cette note complétement snobinarde, mais ô combien vraie ?

La Toccata > Tacata.

Jean-Sébastien is Bach, bitches !

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Mickael m’émeut, madame.

29 Avr

Je ne vais pas commencer par m’excuser de cette longue absence, ni me plaindre des muses taquines qui me délaissent de plus en plus fréquemment pour aller trainer sans vergogne leur inspiration chez moult poètes avinés, sous le prétexte fallacieux que eux ont du talent.

Non. Déjà parce que je n’aime pas me plaindre… … … TU TE TAIS. Je ne me plains pas. Je soupire discrètement ma misère, c’est complètement différent. Ensuite parce que j’ai récemment pris une grande claque, une grande leçon de blogging par un auteur de génie, qui m’a fait réaliser que la compétition était rude et qu’il était certainement plus prudent de ma part de ne pas trop exposer mon incapacité à allier, à son exemple, l’élégance légèrement surannée d’un style  pourtant à la fois vif et pointu à l’analyse acerbe et profonde, au contenu qui appelle à plusieurs lectures afin d’en saisir toute la signification.

Le poète est vivant.

Le poète c’est Mickael Vendetta.

Allons, allons. Cessez ces moqueries. Stop. Stop j’ai dit.

En effet, là n’est pas le sujet.

Ni même d’ailleurs dans le vote qu’il appelle et espère ou dans celui qu’il décrie. Non. Pas de ça ici. These are dark times, vous êtes prompts à réagir, mais réellement, il pourrait appeler à voter Jacques Cheminade, Kim Jong Un ou même, soyons extrêmes, Louise Bourgoin que ça ne changerait rien à ce qui est lu. La beauté du verbe.

Ce que je souhaite aborder avec vous aujourd’hui, ce ne sont pas les idées de Mickael. Mais Mickael.

J’ai depuis quelques années maintenant, un sentiment particulier à l’égard de Mickael Vendetta. Non pas celui-là. Je ne l’aime pas de l’amour fort qui l’unit à son mentor, sa stare, son modèle politique, le César Borgia de son Machiavel à savoir Nicolas Sarkozy.

Je ne le trouve même pas séduisant. Oui, traitez moi de folle, de fille de peu de goûts, de frigide insatisfaite si le cœur vous en dit, mais je reste insensible à son physique de « mec de L.A. ». Je lui trouve les lèvres trop grosses, la mèche trop laquée, le torse trop musclé, le costume trop emprunté, le regard trop vide. C’est tout, c’est comme ça. Attention, loin de moi la prétention de juger sur le physique, ce n’est pas le genre de la maison. On ne frappe pas là où on ne voudrait pas être frappée. Mais ce garçon ayant construit sa notoriété sur sa « bogossitude », il est normal que le client donne son avis sur le produit.

Non, mes sentiments à l’égard de ce petit garçon ne sont pas de ce genre là. Aucune admiration, aucun amour béat, aucun motif à FAP. Mais pas de mépris non plus.

Sachez que j’éprouve une certaine tendresse pour Mickael Vendetta. Oserais-je vous l’avouer ? Je le trouve touchant. Touchant de bêtise, d’égocentrisme, d’inculture, d’ignorance, d’orgueil mais réellement touchant, cependant.

Comme un petit enfant qui n’aurait pas reçu d’éducation, il m’amuse, m’attendrit, m’agace et me fascine. C’est une expérience, Mickael, qui ne finit jamais d’être menée. Pour moi, elle a commencé il y a deux ans. J’étais une étudiante solitaire, perdue dans la ville inamicale mais fort ensoleillée d’Aix-en-Provence. Je travaillais sur Jean de la Bruyère. Celui qui t’as traumatisé au lycée. Et tous les soirs, à 17h, dois-je avouer ce péché ? Je regardais La Ferme aux Célébrités. Très belle émission à base de David Charvet, de Franky Vincent, de Greg le millionnaire, d’Adeline Blondieau et autres personnalités à forte saveur pépitesque ajoutée, dont celui dont il est question ici.

Depuis cette époque troublée de solitude intense (si, pour regarder tous les soirs la Ferme aux Célébrités, faut déjà avoir pas mal touché le fond), le personnage m’interroge. Non pas qu’il soit mystérieux dans ce qu’il est. Ca, c’est plutôt très clair. C’est un corps. L’âme est insondable parce qu’elle n’est pas.

Si mystère il y a, il réside tout entier dans cette question: « Comment est-il parvenu à survivre en étant ce qu’il est ? » Dans quels milieux, qui me sont à l’évidence absolument inconnus, a-t-il pu évoluer pour qu’on ne lui renvoie jamais une image honnête de lui-même ? Non parce que si quelqu’un l’avait fait, s’il passait sa vie confronté à cela, il ne pourrait pas survivre. C’est une jungle dehors pour un type comme lui. Je vous invite à taper son nom dans Twitter si vous ne me croyez pas. La meute est féroce, je le sais, j’en fais partie. C’est donc qu’il doit  être protégé par un cocon d’amour fort par des gens qui ne le jugent pas. Ou alors qui le jugent à l’aune de la valeur unique qu’il s’est auto-attribuée : sa bogossitude. Qui lui a valu un certain succès, basé en partie sur la moquerie.

Il doit être seul. Il doit être triste. Ou son ego est-il à ce point surdimensionné qu’il soit capable de se foutre du mépris le plus total qu’il inspire même à des gens comme Benjamin Castaldi, c’est dire ?

Il me donne des envies Mickael. Non, pas envie de lui arracher sa chemise, comme il semble aimer à le croire.

J’ai envie de m’asseoir à côté de lui et de lui lire un livre. De lui montrer qu’on peut s’exercer à la réflexion, à l’usage correct de la langue française, à la découverte de l’autre et que c’est beau. D’une beauté qui n’a rien à voir avec celle qu’il admire chaque jour dans ses miroirs.

J’ai envie de lui montrer qu’il y a d’autres idéaux, d’autres buts à se fixer qu’un succès en carton pâte, que la une des magasines, que trente secondes de diffusion de son image sur TF1. Comme Socrate, j’ai envie de voir son esprit accoucher d’une pensée. Une vraie. Construite. Logique.

J’ai envie de lui montrer à quoi ça ressemble, la dignité. Le respect de soi. Ne plus se considérer comme un produit qui doit être vendu mais comme un être humain, qui peut converser avec ses semblables, même s’il les trouve moins beaux et moins stars que lui.

Bien sûr, tu m’amuses Mickael, comme la plupart des starlettes de la télé-réalité. Tu ne prends pas plus de place qu’une Ayem, qu’un Jean-Edouard (vieux dossier), qu’une Emilie, qu’une Cindy ou que qui que ce soit en « i » dans mon esprit. Mais va savoir pourquoi, sûrement à cause de ton jeune âge, peut-être parce que tu porte plus haut qu’aucun d’entre eux la fierté de ta pseudo-importance, et avec une candeur sans pareille, tu provoques en moi un sentiment d’empathie à chaque fois que je te vois cloué au pilori du fait de l’indigence sans borne de tes exposés. J’ai peut-être tort, Micky (à ce stade du billet, je peux t’appeler Micky, non ?) mais je vois une réelle innocence dans ta bêtise.

Et c’est là ce qui la rend touchante.

Vas, vis et deviens Mickael. Mais une personne, genre.

Ou continues à nous amuser. C’est toi qui vois.